Redemander à Günther – Günther Anders

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Faire avec:

Günther Anders

Ma judéité (1933, 1974, 1978), trad. Annika Ellenberger & Christophe David; éd. Fario 2016 (M)

Kafka pour et contre (1951), trad. Henri Plard; éd. Circé 1990 (K)

L’homme sans monde – Écrits sur l’art et la littérature (1993), trad. Christophe David; éd. Fario 2015 (L)

Sténogrammes philosophiques (2006), trad. Nicolas Briand; éd. Fario 2015 (S)

(cités ci-dessous en italiques: initiale + pagination)

Redemander à Günther

Si seul ce qui est commun atteint au terrible (cf dans ce site “Demander à Günther”), alors ces traductions, récentes ou non, ces publications de textes posthumes ou non, augmentent notre communauté. Il est trop rare qu’une écriture sonne à ce point commun – lui-même le savait si bien qu’il enjoignait de se faire cloches qui ne sonnent que si on les fait sonner. Ici, on décide encore une fois de lui obéir.

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Sur la politique apolitique: deux veilleurs

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À propos de:

Éric VOEGELIN

Hitler et les Allemands (The German University and the

Order of German Society: A Reconsideration of Nazi Era, 1990 & Hitler and the Germans, 1999), trad. Mira Köller et Dominique Séglard, éd. du Seuil 2003 (cité ici sous H).

Günther ANDERS

L’obsolescence de l’homme (Die Antiquiertheit des Menschen, 1956), trad. Christophe David, éd. de l’Encyclopédie des nuisances/Ivrea 2002 (cité ici sous O)

La menace nucléaire (Die atomare Drohung, 1981), trad. Christophe David, éd. du Rocher/Le serpent à plumes 2006 (cité ici sous M).

Nous, fils d’Eichmann (Wir Eichmannsöhne 1988); trad. Sabine Cornille et Philippe Ivernel, éd. Payot & Rivages 2003 (cité ici sous N)

Sur la politique apolitique:

deux veilleurs

Depuis que leurs allures s’affichent “mondiales” ou “globales”, nos habitudes jadis appelées politiques souffrent d’une certaine dépolitisation. Nations Unies ou Grandes Puissances, Marché, État, Travail, Climat, Matières Premières, Spéculation: nous voici sommés de compter avec ces “nécessités historiques” réputées commander partout, en haut et en bas, de loin comme de près. Choix, décision, responsabilité et délibération, action même ne sont plus de mise: dépolitisation est le mot qui convient, si politique est écoute et parole, entente à peu près partagée au travers d’institutions faites justement pour ça, la lente mais persistante reconnaissance de ce que nous voulons, la correspondance entre nous.

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Comment allons-nous ? Demande populaire, réponses savantes

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À propos de:

– Ulrich Beck:

La société du risque – Sur la voie d’une autre modernité, (Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main 1986); traduit de l’allemand par Laure Bernardi, préface de Bruno Latour, éd. Flammarion, coll. Champs 2001, 521 p. (cité ici sous SR).

– Luc Boltanski & Laurent Thévenot: De la justification – Les économies de la grandeur, éd. Gallimard, coll. NRF essais 1991, 483 p. (cité ici sous DJ).

– Peter Sloterdijk:

Écumes – Sphères III : sphérologie plurielle (Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main 2003); traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, éd. Maren Sell 2005, 787 p. (cité ici sous ES).

– Jean-Pierre Dupuy:

Retour de Tchernobyl – journal d’un homme en colère, éd. Seuil 2006, 180 p. (cité ici sous RT).

Comment allons-nous?

Demande populaire, réponses savantes

Qu’en est-il aujourd’hui de ce très vieux couple, le savant et le populaire? Comment s’arrange, en nous tous comme en chacun de nous, l’ancien conflit de ce que je sais et de ce que je crois, de ce que je dis et de ce que je fais, de ce que je veux et de ce que je peux? “Tout s’arrange, mais mal”, disait paraît-il quelque anglais! On est tenté de le répéter à l’heure qu’il est, quand il est clair – si l’on peut dire – que la demande de clarté elle-même brouille beaucoup de choses et de gens. Suffit-il de demander ce qu’il y a – ou mieux: ce qui se passe – aussi exactement que possible, quand on voit mal, à la fois, où adresser et comment formuler la demande? On ne va pas – n’est-ce pas? – demander aux gens dits “politiques”, aux choses dites “media”, aussi institués que peu instituants – quand les uns et les autres paraissent décidément impuissants, volens nolens, à relayer quoi que ce soit1 . Mais si du coup on se contente d’adresser et de formuler la demande entre soi, nous autres épars, comment échapper aux préjugés, bien suffisants qu’ils sont à nos arrangements individuels quand les collectifs sont à ce point en friche?

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Demander à Günther

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À propos de :

Günther ANDERS

1 L’obsolescence de l’homme – Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle (1956), trad. Christophe David, éd. Ivrea et L’encyclopédie des nuisances 2001.

2 La menace nucléaire – Considérations radicales sur l’âge atomique (1981), trad. Christophe David, éd. du Rocher/Le Serpent à plumes 2006.

3 La Haine (1985), trad. Philippe Ivernel, éd. Payot & Rivages Poche, 2009.

4 Journaux de l’exil et du retour (1985), trad. Isabelle Kalinowski, éd. Fage 2012.

5 Nous, fils d’Eichmann, (1988), trad. Sabine Cornille et Philippe Ivernel, éd. Payot & Rivages Poche, 2003.

6 Hiroshima est partout (1995), trad. Denis Trierweiler, François Cazenave, Gabriel Rapaphaël Veyret, Ariel Morabia, éd. du Seuil 2008.

7 Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse? – Entretien avec Mathias Greffrath (2000), trad. Christophe David, éd. Allia, 2001.

8 L’obsolescence de l’homme – Tome II Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle (2002), trad. Christophe David, éd. Fario 2011.

9 La bataille de cerises – Dialogues avec Hannah Arendt, suivi d’un essai de Christian Dries (2012), trad. Philippe Ivernel, éd. Payot & Rivages, 2013.

En italiques ci-dessous, ouvrages cités en chiffre gras suivi de la pagination

Demander à Günther

Continue d’écrire ! Et à celui qui lira cela un jour : continue de lire !

Car seul ce qui est commun atteint au terrible.

(6,222)

D’autres exposent leur nom – William Faulkner ou Sandor Marai, par exemple – pas lui. Il en dispose très tôt, jeune dilettante si polygraphe qu’un Börsen-Courier des années 30 s’inquiète (7,36) de sortir la moitié de ses articles sous la seule signature de Günther Stern; “Appelez-moi autrement/anders” répond-il – l’histoire ne dit pas encore si le nom de Stern commençait à virer poussière d’étoile. Que va-t-on donc (se) demander à la lecture de cet anonymisé relatif ?

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Israël-en-Palestine, notre affaire

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À propos de:

Revue De l’autre côté, éditée par l’Union Juive Française pour la paix(UFJP); n° 1 à 4 (2006-2008).

(Toutes les citations en italiques sont extraites de ces numéros)

Israël-en-Palestine, notre affaire

Cette affaire est de celles qu’on est tenté de dire légion, à ceci près qu’elle tiendrait plutôt le haut du panier. Le découragement vient d’abord avec la honte: tout se passe comme si les “conflits”, nos guerres civiles en réalité, identifiaient les “peuples” que nous prétendons être. Qui ou quoi sommes-nous en effet, sinon ceux par qui arrivent et se propagent à coups de proliférations diplomatiques et militaires, humanitaires et techniques, les malheurs et les scandales, les massacres et les terreurs? Qui dira où commencent et où s’achèvent les fils imbriqués en d’aussi inextricables nœuds? L’affaire en question n’est même pas un nœud, tant les mots succédant aux morts viennent à manquer ici plus qu’ailleurs: entre champignon atomique et trou noir, explosion et implosion, quelle métaphore pourrait rendre compte de soixante ans de catastrophes? Drôle d’aliénation que la nôtre: elle consistait jadis à étrangéiser l’ordinaire, c’est à s’habituer au pire qu’on s’applique. Monde global, dit-on, mais c’est l’immonde que nous partageons au fil d’une information publique experte au “c’est comme ça” privé de tout et d’abord de la moindre raison, d’agir ou de penser.

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